27 January 2010 by A.L.E.X

Le Fixed Gear pour les Nuls (part. 2)











Dans la première partie de ce long article sur le Fixed Gear, je vous expliquais (enfin j’essayais du moins…) pourquoi et comment ces vélos sont devenus le phénomène hype de ces dernières années.

Place maintenant à la technique, aux différentes disciplines et aux médias qui s’intérressent de près ou de loin aux vélos à pignon fixe.

Part 2 :  Comment ça Marche (ambiance Jean-Claude Bourré) ?

Lorsque vous roulez sur un Fixed Gear, vous ne pouvez JAMAIS vous arrêter de pédaler. Enfin si, mais dans ce cas la, cela signifie que vous êtes à l’arrêt… Contrairement à un vélo classique (Vélib, VTT…), il n’y a pas de roue libre. La roue arrière est donc solidaire du pédalier qui est lui même solidaire de vos jambes. Vous faites donc corps avec votre machine qui devient le prolongement de vos guiboles.

Assez déroutante au début, la pratique s’avère très agréable. L’énergie que vous mettez à chaque coup de pédale se ressent instantanément sur la vitesse ce qui permet de parfaitement contrôler ses accélérations… Ou ses freinages.

Parce que oui, sur un Fixed Gear, on freine avec ses jambes. Pour se faire, deux solutions. La première consiste à résister en appuyant sur les pédales pour ralentir l’engin. La deuxième, beaucoup plus fun et radicale, consiste à bloquer le pédalier (et donc la roue arrière) afin de déraper quelques mètres et donc, de réduire considérablement sa vitesse. Pour faciliter la chose, les cale pieds sont plus que recommandés et il ne faut pas avoir peur de déporter son corps vers l’avant (il faut littéralement poser ses c******* sur la potence) ce qui soulage la roue arrière de votre poids. On appelle ça un skid.

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Évidemment, plus vous skiddez, plus vous laissez de gomme sur le bitume. Et les pneus, ça coûte cher… Un paramètre à ne pas négliger…

Si la technique est assez facile à choper, sa maitrise parfaite est plus délicate à acquérir. C’est pourtant fondamental puisque certains adeptes du pignon fixe roulent sans freins (brakeless)… Autant vous dire que les risques sont élevés lorsque vous traversez la place de la Concorde le matin à 9h… Oui, c’est du vécu et ça reste un grand moment de solitude puisqu’il s’agissait de ma première sortie parisienne en fixe… J’ai flippé ma race et j’ai bien cru que j’allais m’encastrer dans un bus RATP

Ceux qui se permettent cette petite coquetterie sont donc d’excellents riders pour qui l’art du skid est une deuxième nature. Ils arrivent même à skidder à haute vitesse en gardant leur popotin posé sur la selle.

La pratique du pignon fixe brakeless au quotidien nécessite donc de la technique, de la concentration (tout votre environnement est potentiellement dangereux), de l’anticipation (les distances de freinage sont plus élevées qu’avec un frein classique) et une bonne condition physique (on pédale tout le temps donc pas moyen de se reposer pendant une descente). Notez d’ailleurs que vos mollets et vos cuisses vont grossir à vu d’œil si vous tentez l’expérience brakeless.

Imaginez un peu si elle n'avait pas eu de freins...

Autre caractéristique de ces vélos, la possibilité d’être totalement à l’arrêt sans avoir à poser le pied par terre. On appelle ça un trackstand. L’expression vient des pistards qui, avant le départ d’une course, sont en équilibre sur leur monture, les deux pieds coincés dans les cales pieds à attendre le GO du starter. En alternant les petits coups de pédales vers l’avant  et vers l’arrière, on obtient donc ce petit miracle qui donne l’impression aux automobilistes et aux passants que l’on défie les lois de la gravité. Succès garanti à condition de ne pas tomber lamentablement sur le côté à cause des cales pieds (vécu aussi…).

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Dans le même genre, le fait que la roue arrière soit totalement solidaire du pédalier implique que vous pouvez rouler à l’envers ! Malgré les apparences, cette figure de style n’est pas très compliquée à reproduire pour peu que l’on s’y exerce un peu (ou beaucoup pour les débiles comme moi).

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Au final, vous pouvez donc dans le même mouvement rouler à haute vitesse, ralentir en skiddant à l’approche d’un feu (si vous les respectez ce qui n’est pas évident chez les Fixie riders…), rester en trackstand à la fin de votre freinage puis faire quelques tours vers l’arrière avant de repartir sans jamais avoir posé le pied au sol ! Avant d’en arriver la, il faut un peu d’entrainement mais si je l’ai fait, tout le monde peut y arriver. La classe au Texas quoi !

Le Fixed Gear permet de nombreuses autres figures rapprochant la discipline du skate ou du BMX mais le triptyque skid – trackstand – backwards fait partie des bases que n’importe quel  adepte se doit de maitriser. Pour voir les meilleurs « freestylers » de Paris à l’œuvre, rendez vous le soir au marché Saint-honoré. Vous ne serez pas déçu du voyage…

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Autre  pratique qui a le vent en poupe, le Bike Polo. Bien qu’existant depuis des dizaines d’années, ce sport bénéficie d’une seconde jeunesse grâce à l’émergence du Fixe. Paradoxalement, il ne faut pas forcément un vélo à pignon fixe pour s’y mettre mais de nombreux adeptes du Fixed Gear se sont reappropriés la discipline dans le monde entier (USA et Angleterre en tête). Jusqu’à il y a peu, le terrain de prédilection des joueurs parisiens étaient la fontaine du Palais de Tokyo. Hélas, la municipalité a jugé bon de la remplir récemment alors qu’elle est restée vide pendant des années…

Je m’attarderais sur le Bike Polo dans un autre billet mais vous pouvez vous en faire une idée grâce à ce reportage du NY Times (carrément…).

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En attendant, la meilleure source d’infos sur le Fixed Gear en France est indéniablement le forum PignonFixe.com. Si le sujet vous intéresse, je vous recommande chaudement d’éplucher ce site en long, en large et en travers. Vous y trouverez de nombreux tutoriels techniques, une section petites annonces histoire de vous équiper à moindres frais, des centaines de milliers de photos et de vidéos ainsi que des fils de discussions pour savoir où et avec qui rider dans votre région.

Si vous voulez vous rincer l’œil et découvrir les plus beaux vélos du monde, rendez vous sur FixedGearGallery, un site qui publie chaque jour des photos de PF envoyées pas des passionnés à travers le monde.

Dans un autre genre, le blog du collectif Rock‘n’Roll Fixie Riders aka « le Gaing » est aussi une source d’infos très intéressante.

Si le web est le média de référence pour se documenter sur le sujet, quelques magazines sont aussi disponibles : Cog, Fixed et surtout le récent Fixé, premier magazine Français consacré au Fixed Gear (par l’équipe de Cream). Le premier numéro est une grande réussite.

Un livre (en anglais) est même sorti récemment : Fixed – Global Fixed-Gear Bike Culture. Pour se le procurer, rendez vous chez Lazy Dog qui propose, en plus, une petite expo sur le thème en ce moment.

Pour dépenser vos euros durement acquis, allez donc faire un tour chez Cyclope. Seul magasin en France dédié exclusivement au Fixie, vous y trouverez toutes les pièces nécessaires au montage de votre spad.  N’hésitez pas non plus à demander des conseils aux vendeurs ou aux clients habitués qui sont des sources d’infos inépuisables. D’autres magasins (Bicloune, Bicycle Store…) s’intéressent de près au sujet mais aucun ne propose la même variété de pièces que Cyclope.

Sur le net, les boutiques online fleurissent (Tokyo Fixed Gear, Chari & Co, Velorama…) et les prix s’envolent. Si on pouvait, il y a seulement quelques mois, s’offrir un vélo de piste complet pour moins de 200 euros, il faut désormais compter beaucoup plus  tant les cadres se font rares. Et c’est bien connu, ce qui est rare est cher… Pour commencer sans vous ruiner, rien ne vous empêche de convertir le vieux vélo de route de votre grand père. Et si voulez savoir ce que donnerait un cadre rose fluo avec des roues kaki, allez donc faire un tour sur PedalMafia… Ce Nike ID du Fixed Gear vous évitera bien des fautes de gouts et des dépenses inutiles…

Pour prendre une petite leçon de maitrise par des riders, des vrais, procurez vous d’urgence le film MASH SF, la référence en la matière, Fast Friday ou encore le plus récent Macaframa.Perso, j’ai une préférence pour MASH qui a été pour moi une grande tarte dans la gueule (la BO est fabuleuse).

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Et en bonus, le trailer d’un documentaire français en préparation actuellement. Ça s’annonce plutôt très bien et j’ai hâte d’en voir plus.

Pour finir, voici un reportage que j’ai réalisé sur le sujet en mai 2008 pour GAMEONE.

Normalement, avec tout ça, vous devriez avoir une vague idée de ce qu’est le Fixed Gear… Je comprends maintenant pourquoi je n’ai pas réussi à expliquer le sujet à mon pote en seulement quelques mots !

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4 Comments

  • Jo' says:

    ” Succès garanti à condition de ne pas tomber lamentablement sur le côté à cause des cales pieds ”

    Tellement vrai, au tout début :)

  • david says:

    la seule chose qui manque, c’est voir qu’est ce que ca apporte vraiment en dehors du style par rapport a un vélo classique
    dans une ville comme paris : légereté, rapidité, physique? ca me semble au moins aussi important que les figures de style et le hype :)


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