Clash : Eric Viennot vs Mathieu Kassovitz

Les clash entre rappeurs, on connait, ce n’est pas une nouveauté. Mais un GROS clash entre un créateur de jeux vidéo et un réalisateur de cinéma, c’est assez nouveau et original pour que l’on s’y intérresse. Eric Viennot vs Mathieu Kassovitz, round 1, FIGHT !

Fichier:Éric Viennot - nesposit - 2007.jpg

Tout d’abord, si nous ne vous ferons pas l’affront de vous présenter Mathieu Kassovitz, quelques précisions sur Eric Viennot s’imposent. Créateur de titres tels que “Les Aventures de l’Oncle Ernest” et “In Memoriam”, ce lyonnais de 50 ans a fondé en 1990 le studio Lexis Numérique. Eric Viennot fait partie de cette génération de frenchie qui a connu son heure de gloire il y maintenant un sacré bail. Si il n’a pas signé de jeu marquant ces derniers temps, il a tout de même reçu le titre de Chevaliers des Arts et des Lettres en mars 2007. Ok, ça claque mais rappelons tout de même que Daniela Lumbroso a récemment reçu la Légion d’Honneur. Ca permet de relativiser un peu…

Alors que personne ne s’occupait trop de lui, paf, le père Viennot pète un cable et rédige une lettre ouverte sur son blog. Cette lettre est adressée à James Cameron, Peter Jackson et Mathieu Kassovitz. Rien que ça. Et si, au final, les créateurs d’Avatar et du Seigneur des Anneaux s’en sortent plutôt sans trop de dégâts (et surtout ils doivent bien s’en battre les reins) , le réalisateur de La Haine, lui, en prend plein la gueule !

En gros, Viennot reproche à ces trois “vénérables réalisateurs” de s’intéresser au jeu vidéo au moment ou celui ci devient bankable (je vous la fais courte mais sa missive est super longue). Apparemment, une récente interview donné par Kassovitz aurait provoqué la rédaction de cette fameuse lettre dont voici quelques morceaux choisis :

(…) “Bien que ne travaillant pas dans le même secteur artistique que vous-mêmes, nous éprouvons pour vos oeuvres (heu surtout celles de James et Peter à vrai dire…) un grand respect.” (…)

(…) “Ce soudain intérêt peut laisser présager de belles choses. L’arrivée de formidables conteurs d’histoires que vous êtes aidera sans doute notre secteur à passer à l’âge adulte. (A condition de ne pas trop nous la jouer donneur de leçons, hein Mathieu !).” (…)

(…) “Oui nous savons que notre salut viendra de vous, oh illustres artistes du 7ème art ! (Ouais là faut avouer que le Kasso a dû péter une durite ! C’est vrai qu’on se sent vachement coupable mes collègues et moi ! Ayez pitié de nous, notre salut dépend de vous, Oh Vénérables Artistes !).” (…)

Pas mal non ? Si Eric Viennot avait voulu créer une polémique et faire un peu de buzz autour de lui, il ne s’y serait pas pris autrement ! Evidemment, Kasso a eu vent de cette lettre et s’est empressée d’y répondre dans les commentaires du blog (erreur de débutant…) ! Et ouais, comme nous quand on s’embrouille sur un blog ! La aussi, ça chambre sec et on sent Kassovitz très agacé

(…) “Je ne peut m’expliquer votre article autrement que par le sentiment d’une jalousie féroce, non pas envers moi (ou plus généralement les cinéastes) mais plutôt envers votre ami David Cage qui vient de réussir ce que vous n’avez jamais pu concrétiser durant vos vingt et quelques années de carrière.” (…)

(…) “Je me voit obligé de vous répondre et de contrôler mes humeurs pour ne pas vous insulter purement et simplement. Voici donc un mode d’emploi pour éclairer votre lanterne sur les raisons de ma présence “soudaine” dans votre jardin virtuel, non pas que votre avis m’intéresse, mais vous me donnez l’opportunité de vous rabattre votre caquet, comme disait ma grand mère, ainsi qu’a tout ceux qui parlent sans savoir…” (…)

(…) “J’ai même eu l’occasion de loader certains de vos cd rom sans y associer votre nom jusqu’à aujourd’hui, sur quelques PC bugués de mes amis, mais l’âge requit pour y jouer dépassant rarement la pré puberté, je n’ai jamais eu l’intérêt d’explorer votre “univers” plus profondément, tout en y reconnaissant une ambition que vous n’avez malheureusement, au grand désespoir du monde entier, jamais pu mener à terme, restant cantonné dans les jeux pour enfants, noble entreprise par ailleurs.” (…)

(…) “Sans doute étiez vous un précurseur, mais quoi qu’il en soit, votre marque dans cet univers, n’est pas comme vous le résumez dans votre trop humble autobiographie publiée sur votre site, “révolutionnaire”, sauf peut etre dans certaine maternelle.” (…)

(…) “Quoi qu’il en soit, je suis extrêmement énervé de votre manque d’honnêteté intellectuelle et de votre évidente petitesse d’esprit, et je vais me faire un plaisir de vous répondre, la haine de la connerie humaine étant toujours mon moteur et mon fuel.” (…)

(…) “Vous déclarez que pour faire du jeu video il faut garder une âme d’enfant, ce qui dans votre cas, à la lecture de votre article, ne dépasse pas le CE2 .” (…)

(…) “Que vous protégiez vos plates bandes par le dénigrement de notre intérêt, révèle votre besoin de reconnaissance, votre talent limité et votre ego sur-dimensionné.” (…)

(…) “Je suis curieux de voir si vous allez publier cette réponse qui peut sembler agressive, mais croyez moi, tellement modérée par rapport à celle que j’aurais face à vous quand nous nous croiserons, je l’espère de tout coeur, au hasard des rencontres…” (…)

Si c’est pas du bon gros clash comme on les aime ça !!! Bon ok, ça reste de la bonne branlette intellectuelle mais les propos sont tellement hardcore que le sujet du litige en devient presque secondaire. Bref, j’aimerais être la quand ces deux la vont se croiser… Un beau bébé comme Viennot vs un maigre nerveux comme Kassovitz, ça peut donner une baston sympathique. Quoi qu’il en soit, il y aura certainement des suites à cette embrouille… To be continued.

7 Comments

  • February 26, 2010

    Arno

    Il n’empêche que Mathieu Kassovitz a plutôt raison sur cette affaire, et que Viennot se fait renvoyer au terminal des prétentieux en première classe…

  • February 26, 2010

    tehofil

    Quelques erreurs dans cet article :

    “Les Aventures de l’Oncle Sam” => non, le vrai titre c’est “Les Aventures de l’Oncle Ernest”…

    “qui a connu son heure de gloire il y maintenant un sacré bail” => tout faux, le monsieur a vraiment explosé artistiquement à partir de 2003 avec sa serie In Memoriam notamment…

  • February 26, 2010

    tehofil

    Arno => Vu que tu n’argumentes pas, je vais faire pareil, et te dire que je pense tout à fait le contraire; selon moi, Kassos s’est totalement ridiculisé.
    Est-tu sûr de connaitre Eric Viennot ? La serie des In Memoriam et eXperience 112 sont parmi les plus grands jeux PC jamais conçu, selon moi. Pourtant, Kassos ne les connait meme pas de nom ! Ridicule de la part du pseudo-connaisseur.

    PS: Je suis en train de me faire Heavy Rain, j’adore.

  • February 26, 2010

    a.l.e.x

    @tehofil : oups, grossière erreur corrigée sur Les Aventures de l’Oncle Ernest. Désolé. Et pour l’autre “erreur”, un bail = 3 ou 5 ans donc je ne suis pas si loin que cela de la vérité ;). Pour le reste, je vous laisse débattre tranquillement. Merci pour vos commentaires.

  • February 26, 2010

    tehofil

    Pour la deuxieme “erreur”, j’avais cru comprendre que tu assimilais Viennot à la 90′s French Touch, aux côtés de Ulrich et Bonell …

  • February 28, 2010

    Ebichu

    Nan mais Kassovitz et son pote Cage sont de gentils guignols aussi.
    Le jv propose des expériences complexes et abouties depuis belle lurette, alors quand on se sacre messie du jv mature en proposant une série B interactive (et en reniant l’histoire du jeu-vidéo par la même occasion), faut pas s’attendre à être pris au sérieux. Cage est un cuistre, ni plus ni moins.

  • April 29, 2010

    FredericBautista

    Tout à fait d’accord avec toi Ebichu.

    Et quand on connait personnellement le ‘cuistre’ en question;
    On se dit que certaines personnes feraient mieux de prendre le temps de savoir à qui ils ont à faire avant de s’investir dans un soutiens aussi prononcé.

    Toutefois c’est là, la vraie grande force de David: Convaincre et manipuler les gens par l’émotion.

    Et il ne s’en sert pas que pour raconter des histoires dans ses jeux vidéos, hélas.